N’ayons pas peur de redécouvrir l’Eglise

Sous la conduite de l’Esprit Saint, nous cherchons comment nous renouveler nous-mêmes pour nous trouver de plus en plus fidèles à l’Évangile du Christ. Nous nous appliquerons à présenter aux hommes de ce temps la vérité de Dieu dans son intégrité et dans sa pureté, de telle sorte qu’elle leur soit intelligible et qu’ils y adhèrent de bon cœur“. 

Ces mots peuvent nous paraitre d’actualité. Ils auraient pu figurer dans la lettre pastorale que nous a adressée Mgr Carré il y a quelques semaines. Et pourtant ! ils datent d’octobre 1962. C’est par ces mots prononcés à l’ouverture du Concile Vatican II que les pères conciliaires exprimaient leur perspectives et leurs espoirs. A l’issue de ce concile, paraissent 4 constitutions, 3 déclarations et 9 décrets.

Ces textes ont apporté bien sûr la réforme de la liturgie, partie émergée, visible de l’iceberg mais cela ne s’arrête pas là. Ils présentent l’Eglise comme « peuple de Dieu » et corps dont le Christ est la tête. Ils affirment que l’Eglise s’adresse à tous les hommes, est au service de l’homme, agissant pour la dignité de la personne humaine. Ils proclament la liberté religieuse dont découleront des démarches œcuméniques.

C’est pourquoi, durant les décennies qui suivirent, Jean-Paul II et Benoît XVI reconnaissent le Concile Vatican II comme étant “la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence“.

Mais, si à mesure que passent les années “les textes du Concile ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat” (Jean-Paul II), le contexte dans lequel nous sommes appelés à témoigner de l’Évangile a beaucoup évolué. Et c’est pourquoi, en 2012, lorsque le pape rassemble les évêques en synode pour les 50ans du Concile Vatican II, et faire un état des lieux, ce n’est pas glorieux. L’Eglise catholique souffre de « tiédeur » nous dit Benoît XVI. « le chrétien ne doit pas être tiède insiste–t‘il. C’est le plus grand danger du chrétien » 

Le pape rappelle que nul ne peut « faire l’église » en l’inventant mais que chacun doit seulement « faire connaître ce que le Christ à fait. L’Eglise ne commence pas avec ce que nous faisons, mais avec ce que nous disons de Dieu ». Mais pour dire encore faut-il connaitre et, la conclusion s’impose : les catholiques devaient redécouvrir leur foi qu’ils connaissent mal .  « il faut revenir aux textes du concile en le libérant d’une masse de publications qui, souvent, au lieu de les faire connaitre, les ont cachés ».

Et ce n’est pas facile. Je ne sais pas si vous avez déjà tenté de lire Lumen Gentium ou Christus Dominus mais certaines phrases sont plus longues que mon papier… mais ne disons pas que ce n’est pas pour nous, que nous n’avons pas la formation, pas le temps, ne laissons pas à d’autres et en particulier au média le soin de nous donner leur interprétation, de sortir des phrases de leur contexte. Aujourd’hui, n’ayons pas peur de découvrir, de redécouvrir des textes qui s’adressent à tous. 

Et, grâce à Dieu 😊, les propositions et les documents ne manquent pas pour nous accompagner dans cette lecture et cette assimilation. Alors n’ayons pas peur de demander au Seigneur que se fortifie notre motivation ! Redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est une grâce que nous pouvons demander toujours les uns pour les autres

Aujourd’hui, plus que jamais, l’Église s’efforce d’entendre ce que l’Esprit dit et sur quels chemins le Seigneur l’invite à s’engager. C’est dans ce contexte que Mgr Carré nous a transmis sa lettre. Il sollicite notre avis. N’ayons pas peur de lui répondre et d’agir mais en étant éclairer par la connaissance de ces textes et toujours dans le but de faire grandir la dignité humaine.