Appel à la Semaine Sainte

Chers frères et sœurs,

C’est un temps vraiment unique et absolument inattendu que nous sommes en train de vivre ! Qui d’entre nous aurait pu imaginer de se retrouver un jour dans la situation que nous sommes en train d’endurer ?

Le confinement nous oblige à reconsidérer nos comportements, nos relations, nos habitudes, notre style de vie. Des rapports interpersonnels tout à fait nouveaux s’établissent, et la proximité accrue de nos familiers, conséquence naturelle de l’application des directives gouvernementales, nous impose des nouveaux défis, nous aide à rétablir des relations plus étroites et plus vraies.

Avec tout cela, la Semaine Sainte est vite arrivée ! Que faire ? De nombreux paroissiens nous appellent pour avoir des conseils, pour être rassurés, pour savoir comment se comporter. A la suite de ces quelques lignes je vous donnerai des informations à cet égard, mais ce que je voudrais vous faire parvenir maintenant ce sont des mots qui nous aideront dans notre propre foi. C’est la foi qui agit et qui se transpose dans les actes la vie, dans la journée de chacun d’entre nous. Si nous arrivons à percevoir, à nous laisser effleurer par la présence du Christ qui imprègne toute notre histoire – cette histoire qui nous est tombée dessus – sa présence aimante et concrète illuminera les faits où nous n’y pourrions voir que des souffrances. Si nous faisons cette expérience, j’en suis sûr, nous nous en trouverons soulagés et consolés.

Les récits des Evangiles qui seront proclamés dans la liturgie de ce dimanche, nous racontent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem qui sera suivie de son injuste condamnation, de sa passion et de sa mort sur la croix.

Est-ce que ces évangiles, ce mémorial qui vient à notre rencontre dans la solennité que nous vivons, ne sont qu’une coutume, ou quelque chose de plus ? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la véritable réalité de notre vie, de notre monde ?

Après la profession de foi de Pierre à Césarée de Philippe, Jésus se met en route vers Jérusalem. Il se met en chemin vers le Temple, vers la fête de la Pâques, mémorial de la libération d’Égypte et signe de l’espérance dans la libération définitive, et Il sait qu’une nouvelle Pâque l’attend. Il est en chemin vers la Croix, vers le terme ultime de son pèlerinage.

Notre procession, qui, en ce  Dimanche, ne se déroule pas dans les rues de la paroisse, mais dans les chemins de notre histoire, veut être l’image de quelque chose de plus profond, l’image du fait qu’avec Jésus, nous nous mettons en route vers le Dieu vivant, présent à la maison, présent dans nos relations plus étroites et parfois difficiles, présent dans la sédentarité à laquelle plusieurs d’entre nous sont obligés, présent dans les moments difficiles comme dans les nouvelles découvertes, dans les rencontres avec l’inconnu de nos rapports habituels. C’est de cette montée dont il s’agit. C’est le chemin auquel en ce dimanche et en cette semaine, mais aussi en ce temps de Covid19 Jésus nous invite. C’est le chemin de notre propre vie.

Mais tout seuls, nous sommes trop faibles pour élever notre cœur jusqu’à la hauteur de Dieu. Nous n’en sommes pas capables. Justement l’orgueil de pouvoir le faire tout seuls nous tire vers le bas et nous éloigne de Dieu. Dieu lui-même doit nous tirer vers le haut, et c’est ce que le Christ a commencé sur la Croix. Il est descendu jusqu’à l’extrême bassesse de l’existence humaine, pour nous tirer en haut vers lui, vers le Dieu vivant. Il est devenu humble, nous dit la deuxième Lecture d’aujourd’hui. Ainsi seulement notre orgueil pouvait être surmonté : l’humilité de Dieu est la forme extrême de son amour, et cet amour humble attire vers le haut. (Benoît XVI homélie pour le dimanche des rameaux 17 avril 2011)

Avec ces belles paroles du Pape Benoît XVI, je vous souhaite une belle montée vers la Pâque, vers notre propre histoire à la découverte du Dieu crucifié et ressuscité par amour pour nous.

P. Giovanni

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