Paroisse Saint Jean XXIII

Edito

 
 

Avril 2018

Pessah

 

Voici les solennités du Seigneur, les assemblées saintes auxquelles vous convoquerez, aux dates fixées, les fils d’Israël. Le quatorzième jour du premier mois, au coucher du soleil, ce sera la Pâque du Seigneur. (Lv 23,4-5).

La Pâque juive « Pessah » est l'une des fêtes les plus importantes de la religion israélite. Elle est la fête de la libération. Le mot Pessah (פֶּסַח) signifie « passage ». Il indique le passage du peuple d’Israël de l’esclavage d’Egypte à la liberté ; de l’asservissement à Pharaon à la libération opérée par le Seigneur par sa grande puissance.

Chez nous les chrétiens, cette solennité est le mémorial de la résurrection du Christ, de son passage de la mort à la vie. C’est le centre de la vie chrétienne. Le Christ est celui qui a accompli la Pâque juive en sa propre personne, et en notre faveur. L’épitre de saint Paul apôtre aux Romains dit ceci : si par le baptême nous avons été unis à la mort du Christ, c’est pour ressusciter avec lui pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ… l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec Lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. (Rm 6,4b.6).

Et le péché, nous le savons bien, c’est la recherche du bonheur, du Bien, du Beau ; c’est la recherche de Dieu là où Il n’est pas.

Cette affirmation de Saint Paul est pour nous une bonne nouvelle. Si le Christ étant Dieu a voulu prendre notre nature humaine, accepter le mépris, le rejet, la souffrance, l’humiliation et la mort, c’est pour annihiler cette même mort. Non seulement la mort physique, mais aussi et surtout la mort ontologique, la mort profonde qui est en chacun de nous. Celle qui est engendrée par le péché et qui nous oblige, par la peur de la souffrance, de l’échec, de l’insuccès, du mépris des autres… à ne pas être libres.

Le Christ n’avait pas besoin de devenir homme ; s’il l’a fait, c’est pour nous sauver. Pour que nous puissions connaître, expérimenter, l’amour gratuit de son Père ; l’amour qui aime au-delà des mérites, l’amour de l’ennemi.

Voilà la seule vérité qui nous sauve ! Expérimenter cela, c’est toucher de la main la racine de notre salut : Dieu nous aime même lorsque nous sommes ses ennemis, le découvrir est le début de notre libération : c’est découvrir le Pessah.

 

P. Giovanni De Checchi